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TERRA INCOGNITA – décembre 2000 Suite..
K : Est-ce qu’il y a pas l’idée aussi d’éviter
une composition trop « baroque » pour te centrer sur les formes
« pures », de travailler déjà dans une composition
un peu simple de parfaire ce truc-là puis d’essayer d’attaquer
des choses plus compliquée. Tu as un échelonnement en fait
?
Oui parce que c’est vrai que l’huile par rapport à
l’aquarelle, la gouache ou l’acrylique c’est quand même
techniquement plus compliqué. Il faut travailler du gras sur maigre…
Il y a des mélanges à faire et à ne pas faire. Donc
techniquement il faut apprendre. On ne peut pas s’improviser à
l’huile comme ça. C’est vrai qu’il vaut mieux
se concentrer sur un personnage, sur un glacis, un visage, histoire d’apprendre.
Donc c’est vrai que faire beaucoup de portraits dans un premier
temps, ça permet d’apprendre et une fois qu’on maîtrise,
on s’éloigne. Comme c’est une technique lente, et que
j’ai envie de mettre de l’émotion dans ce que je fais,
j’ai envie de me concentrer sur les personnages. Mais un paysage
sans personnage, c’est aussi de l’émotion. Pour l’instant
j’en suis là : l’émotion que va susciter un
personnage, c’est pour ça que j’ai envie qu’il
prenne toute la place. que je fais beaucoup des portraits pour l’instant.
Mais ça va évoluer…
M : Et dans tes relations avec les galeristes les autres peintres
? Parce que tu es quand même une jeune peintre tu viens d’avoir
trente ans (chuchotement : « 31 ») 31, est-ce que ça
joue ?
L’âge ? je ne crois pas. Ma relation avec les galeristes elle
est minimale Je connais Claude Cussac qui est un ancien galeriste, qui
avait la galerie Nunki et qui maintenant à transformer tout ça
en association, l’association Saphir. Je suis allée le voir
il y a maintenant un an et quand je lui est montré mes toiles il
a bien voulu que je participe à une de ses expos. Il a des peintres
comme Beksinski dans son catalogue, c’est quelque chose !. Sinon
je suis allée voir quelques autres galeristes et ils m’ont
tous dit que techniquement, c’était bon… Mais jusqu’à
présent je n’ai pas trouvé de galeristes qui soient
vraiment emballés… Mais, je suis vraiment tout au début.
K : On est dans une période de changements. On est toujours
dans l’espèce de minimalisme conceptuel, plus ou moins bidon.
Mais là ça change en ce moment. Le figuratif revient mélangé
à l’onirisme. Et c’est peut-être ce moment-là
où tu vas pouvoir arriver à…
Selon certains galeriste, ma peinture ne semble pas assez bizarre (K :
pas assez déglinguée c’est ça Par exemple,
un peintre comme Kandl, ce qu’il fait est très chouette mais
c’est complètement allumé. On boit pas la même
chose ! Pepsi Max ça donne pas ça. C’est mon carburant.
Je pense que ce que je fais est trop sage.
K : Tu le sais. Ça veut dire que tu considères que
tu ne t’es pas complètement lâchée au niveau
de l’étrangeté ?
Non, je suis tout au début.
K : Est-ce que tu sens que par rapport à « ce que
tu as dans le ventre » il y a des gens qui vont tou balancer d’un
coup, barbouiller le tableau et à la fin tu sors ah qu’est-ce
que c’est ! Est-ce que tu te sens presque encore timide je dirais
?
Je suis d’une timidité hallucinante pour ça.
K : Tu vois le chemin et tu sais qu’il y a le bout et qu’il
va falloir marcher longtemps.
Oui, il va falloir marcher longtemps.
K : Tu n’as que trente ans.
Je sais que j’ai vraiment fait un pas énorme quand je me
suis mise à l’huile. J’ai mis longtemps à sauter
le pas. Mais je suis quelqu’un qui évolue lentement mais
sûrement. Mais je m’arrête pas, je continue, je continue.
(K : Comme les coureurs de fond) Voilà coureuse de fond…Donc
au niveau du « lâché » je suis vraiment au début.
Il faut toujours que je me rassure parce que je suis quelqu’un d’inquiet.
Je me rassure en prenant une photo numérique d’une main ou
autre chose et je ne m’en sers pas, je me rassure en faisant des
portraits pour être sûre que je peux y arriver. Il y a des
peurs inconscientes comme ça.
M : A la main gauche, les yeux bandés dans le noir ?
On se bloque soi-même mais il faut assumer parce que j’ai
des visions de toiles que je dois faire, des choses qui sont plus dans
l’esprit du Cri de Munch que de ce que je fais. (M : des chose plus
sombres en fait ?) Des choses fortes en émotion.
K : Des émotions qui sont très fortes et tu attends
d’être assez « grande » pour les véhiculer
c’est ça ?
Il faut pouvoir les assumer. La Dame blanche, pour moi c’est un
début. Parce que c’est sorti très vite et c’est
très profond pour moi. Ça correspond à quelque chose
de très précis, précis et flou en même temps,
c’est un état d’esprit. Le regard de cette femme-là
c’est quelque chose des très profond pour moi. Cette espèce
de sagesse dont on parlait Cette souffrance, le fait qu’elle ait
les cheveux blancs ça a beaucoup de sens pour moi. De sens, sans
que ça soit réfléchi. C’est à rebours
que je m’en rends compte Parce que c’est sorti d’une
traite. Et c’est vers là que je tends. Des chose qui sortent
comme ça, même si elles ne sont pas finies à la fin
de la journée, c’est pas grave, le principal est dedans.
Des choses profondes, refoulées depuis toujours en fait. Ça
doit sortir, mais il faut que ça soit canalisé, parce que
si ça sort brutalement ça va me faire trop mal. Donc il
faut y aller doucement.
K : Et puis ça n’aura peut-être pas la forme
que tu veux ?
Oui voilà ; J’avance à petits pas. Il ne faut pas
que ça me fasse mal, ni à moi ni quiconque de moi. Ca peut
être déstabilisant. Je ne veux pas me déstabiliser,
j’ai mis tellement de temps à être plus sûre
de moi. Je ne vais pas me mettre à tout déglingué
juste pour sortir une toile. Mon travail évolue en même temps
que moi.
M : Est-ce qu’il t’arrive de revenir sur une toile
? De la modifier ?
J’ai énormément de mal. Une fois que j’ai posé
les pinceaux et que j’ai fini, j’ai vraiment beaucoup de mal
à reprendre plu tard.
K : Tu as envie de passer à autre chose ?
M : Si on gratte une toile on trouvera une autre toile ne fait
?
Non on n’en trouvera pas une autre Je ne sais pas si c’est
ce que tu veux dire mais par exemple le costume d’un personnage
peut passer par toutes les couleurs Je change d’avis… Je n’ai
pas d’idée préconçue quand je commence. Tu
m’as demandé comment j’allais faire le vêtement
de la Dame blanche : je n’en ai aucune idée. C’est
seulement quand j’aurai les pinceaux en main et que j’aurai
mis toutes les couleurs sur ma palette que je me déciderai. Quand
je commence une toile, je mets toutes les couleurs sur ma palette. Même
si je veux faire quelque chose dans les ocres, dans les tons chaux, je
mets du vert, du bleu, toutes les couleurs.
K : ça te laisse un choix pour les nuances.
Je mets toutes les couleurs sur la palette car je peux changer d’avis
en cours de route. tout peu évoluer. La seule chose qui ne change
pas c’est la composition.
M : Est-ce que tu pourrais décrire tes principales techniques
de peinture à l’huile qu’on pourra illustrer avec des
photos ?
J’ai plein de façons de commencer à l’huile.
Les trois peintures en cours qui sont accrochées dans mon atelier
en sont un très bon exemple Pour « L’ange »,
en deux heures, j’avais tout posé. En ce qui concerne «
La dame blanche », hormis le visage, j’ai travaillé
par moitié. Et puis, pour cette toile sans nom pour l’instant,
j’ai eu envie d’un visage… Il n’y a donc que le
visage et rien autour n’existe. Je fais comme j’ai envie sur
le coup.
K : Est-ce que comme pas mal de portraitistes tu commences par
les yeux ?
Toujours et je commence pas l’œil de gauche. Sinon, parce que
je suis droitière, je risquerais d’effacer ma peinture au
fur et à mesure.
K : A la rigueur si on te montrait juste les yeux de quelqu’un
tu serais capable de reconstituer le visage ?
Je ne sais pas si je pourrais le reconstituer comme il est réellement
mais je pourrais l’imaginer sans problème. Une fois que j’ai
réussi le visage je suis sécurisée. Chaque toile
c’est une angoisse terrible pour moi. J’ai toujours l’impression
que je ne vais jamais y arriver. Mais c’est une petite victoire
quand j’ai réussi à faire les yeux et ensuite le visage.
K : Tu as des paliers comme pour l’ascension d’une
montagne ? Tu te dis : Là je suis à un endroit où
c’est presque gagné ?
A chaque fois j’ai l’impression de repartir à zéro,
d’avoir tout oublié. J’ai du mal à commencer
le premier œil. Je suis à chaque fois timide devant une toile
que je commence, j’ai une hésitation. Que ce soit l’aquarelle
ou n’importe quoi. Dès que je commence la couleur je suis
timide. Par contre je ne suis pas timide quand je dessine. Parce c’est
la continuité de moi. Je ne vois pas pourquoi je serais timide
par rapport à moi-même. Tandis que la peinture c’est
autre chose, c’est une bataille, c’est pas facile, même
si j’adore ça.
K : Par ailleurs, on a remarqué que tu introduisais beaucoup
de bijoux, d’ornementations…
Oui. Je ne peux pas m’en empêcher. Je ne sais pas pourquoi.
Tu parlais d’Art Nouveau tout à l’heure, c’est
vrai que devant les bijoux de Lalique je tombe à genoux C’est
tout ce côté un peu frises celtiques mélangées
à des choses un peu animales. Mais je ne peux pas m’empêcher
de mettre des bijoux. Pourtant personnellement je n’en porte pas.
J’ai l’impression que parfois mes personnages sont nus s’ils
n’ont pas de bijoux. Comme s’ils étaient des emblèmes.
K : Des symboles ? Des repères au niveau du sens ?
Quand je porte un bijou ça n’est jamais par hasard. C’est
pour apporter des signaux aux gens. Pendant un moment je portais un dragon
autour du cou. C’était pour dire voilà j’appartiens
à ce monde-là. Pour donne une indications sur mon identité.
C’est e grâce à ce bijou que j’ai rencontré
Sylvie Chausse qui a écrit un texte que lentement j’illustre
: « Les larmes de la reine » . C’est un signe de reconnaissance.
Comme un emblème ou un tatouage. Ce n’est donc pas un hasard
si mes personnages portent des bijoux. Je mets beaucoup de choses sur
le front, ce n’est pas non plus un hasard parce que je sais pas
si vous avez déjà porté quelque chose sur le front
? C’est très pénible. C’est pesant, lourd et
froid… Inconfortable. Donc quand mes personnages en portent, ils
ont vraiment choisi de porter ça parce que pour eux ça signifie
quelque chose.
K : Comme une inscription en fait. J’ai l’impression
de lire.
D’ailleurs ma signature ressemble à un bijou.
K : Je pensais à ce tableau-là. Elle a les boucles
d’oreilles et deux bagues. Mais je la sens presque nue par rapport
au reste.
M : Une amie qui l’a vu de loin ce tableau là, en tout petit,
mal reproduit et elle avait l’impression que l’espèce
de boucle d’oreille qu’elle porte est une blessure. Ça
l’a choquée.
On m’a déjà fait la remarque. Le photographe lui a
vu un œil, mais comme une blessure. Et une fois que je l’ai
vue, je me suis dit : « mince je n’aurais pas du la mettre
! ». Dernière chose que je voulais dire concernant les bijoux,
c’est une sorte de défense pour moi: un talisman. Pourtant,
La Dame blanche, ne porte pas de bijoux. Parce qu’elle n’a
pas besoin de défense. Et je crois que moins j’en aurais
besoin, moins j’en mettrais systématiquement… Ca aura
plus d sens. Les pendentifs que je peins, c’est pour cacher un peu
la poitrine, montrer un peu la peau et la cacher tout de même. Tout
ceci a un rapport avec moi c’est rare que je montre ma peau.
K : C’est vrai aussi du moment que tu as un bijou les gens
vont regarder le bijou mais tu te sens habiller et le regard est attiré
par le bijou. Si il y a un pan de peau nu le regard va porter dessus sans
être focalisé par autre chose.
M : Ce gant relié à la bague c’est quelque chose que
tu as vu ?
Non je pense que ça fait partie de l’inconscient collectif
moyenâgeux. C’est un truc que j’ai du voir quelque part
dans le livre de type Violet Le Duc.
M : Tu aurais envie de les travailler en volume ces bijoux ?
J’aimerais beaucoup qu’un bijoutier fabrique mes bijoux. J’adorerais
ça. Quant à le faire moi-même, ça ne m’intéresse
pas vraiment… Je ne suis pas orfèvre. Je laisse ça
aux hasards de la vie une telle rencontre.
K : Quand tu commences un tableau tu parlais de ton cahier d’idées.
Est-ce que les choses te viennent en dessinant et en peignant ou tu as
dès le départ une idée très nette.
Je n’ai jamais d’idée qui m’arrive comme ça.
C’est rare. Je n’ai pas de flash.
K : Pourtant tu parlais de ce tableau tout à l’heure.
Oui mais je ne savais pas ce que j’allais faire. C’était
une émotion. J’étais partie de ses yeux que je voulais
très cernés et cette femme avec ses grands yeux clairs…
C’est tout. A chaque fois, je veux retrouver cette impression, cette
émotion que j’ai eue.
K : Je parlais plus en terme de volumes et de composition en plus
de l’émotion. Est-ce que tu vois déjà le cadre,
est-ce que c’est délimité dans ta tête ou il
y a l’infini de chaque côté ?
Il y a un peu l’infini de chaque côté. Après
je recadre. D’ailleurs je passe une infinité de temps à
travailler la composition . Je chipote. Je chipote à toutes les
étapes. Je demande toujours beaucoup de temps pour faire une toile
et on me dit : qu’est-ce que tu fais ? Je réponds : Je chipote.
Je veux toujours le meilleur même pour un détail. Ça
me rendrait malade d’avoir fait quelque chose d’approximatif.
Même si je dois passer une journée sur une composition, si
je dois tirer douze mille feuilles sur imprimante via Photoshop, à
calculer. Je me sers de Photoshop comme d’un gros photocopieur.
Il y a deux tableaux assez rigolo, plus proches de l’esthétique
manga –oreilles pointues et grands yeux
Oui, complètement. Et c’est pour ça que je les renie
un peu,
J’aime beaucoup le regard de « Tatoué ». Le tatouage
est quelque chose qu’il va falloir que j’explore
J’aime bien le manga mais ça ne me ressemble pas Rod, de
Fantasya.net, super sympa d’ailleurs, avait mis cette peinture pour
me représenter, et ça me dérangeait.
Tu as trop souvent mangé avec Bruno Bellamy ?
Non, ce ne sont pas les japonais qui ont inventé les grands yeux
! Le Petit Peuple, existait Il fait partie de l’inconscient collectif
Sur « Prise de guerre », tu as vraiment donné
dans le style « grand classique TSR » alors que c’est
quelque chose dont tu t’éloignes d’habitude…
Totalement. C’est l’un de mes premiers tableaux à l’huile.
J’avais un croquis depuis un an dans mon atelier, j’ai peaufiné
le corps de la fille pendant des mois, je voulais faire un stéréotype.
La guerrière, super bien foutue, avec un peu d’armure et
une vraie épée, et un dragon tenu par une chaîne.
Tout ce qui est TSR, Easley etc, j’ai vu ces images et ça
m’a sans doute influencé. Et en même temps ce n’est
pas mon univers. Mon côté « brut » n’est
pas encore sorti, mais il n’est pas dans ce tableau. C’était
un peu un test technique. La force brutale, à la rigueur, est chez
le Loup Garou. Celui là est sorti en 5 heures, il est plus brut
de décoffrage.
J’ai beaucoup pensé au portrait de Didier, qui était
une étape importante pour moi dans mon travail. Je le ferais différemment
aujourd’hui.. C’est un des rares homme que j’ai peins.
Pour les éditions Gründ, qu’est-ce qui change dans ton
travail sachant que tu travailles pour les enfants ?
Sincèrement, rien du tout. De temps en temps j’ai un petit
rappel de la part de la personne avec laquelle je travaille lorsqu’elle
pense que ça va être un peu trop effrayant, mais c’est
rare. Je m’en rends compte seulement quand je fais des dédicaces
et que je rencontre des gamins qui connaissent les livres par cœur.
Tes références…illustrateurs anciens, livres…
En musique : Kate Bush…le problème c’est que je ne
peux pas travailler et l’écouter en même temps. Quand
je l’écoute, je suis dans l’émotion, je ne peux
pas faire autre chose. Sinon, je travaille avec Lorenna Mc Kennit….Enya
aussi.
Lacme de Léo Delibe Carl Orff (Carmina Burana), c’est de
l’émotion brute. J’aime bien aussi Aerosmith, Queen
J’ai découvert aussi Moby et Massive attack, j’aime
beaucoup.
Au niveau cinéma, le premier film qui m’a frappée,
c’est Dark Crystal. Dans l’idée de : « c’est
ça que je veux faire ». Un vrai choc. Autrement, Blade Runner…Matrix.
Au niveau de l’image : Legend, même si c’est un peu
niais. Les couleurs sont à mourir. J’ai bien aimé
aussi BraveHeart…Conan aussi, même si je n’ose souvent
pas le dire ! Schwartzenegger est parfait dans le rôle du barbare,
la musique est géniale…Un film que j’ai adoré
aussi, c’est Bound. Pourtant ce n’est pas un univers qui me
fascine d’habitude, mais j’adore ce film. J’attends
vraiment un film de fantasy avec un réalisateur comme les frères
Wachowsky – avec une réflexion philosophique, une interrogation
sur la réalité qui existe dans la plupart des films de SF,
comme 2001. Il y a des films de SF de haut vol. On retrouve cet univers
dans les jeux vidéo, mais ce ne sont que des décors, moi
j’attends ce qu’il y a derrière. Et j’aimerais
vraiment qu’il y ait quelque chose derrière mes tableaux.
Aussi Myazaki, l’auteur du dessin animé Miasaki, …
En bouquins, mon auteur préféré c’est Orson
Scott Card : Les chronique d’Alvin le faiseur, la stratégie
Ender, ….
Ce qui est impressionnant dans la figure héroïque de Alvin,
c’est le principe du Faiseur – le mécanisme de la Création.
Est-ce analogue à la peinture : tu fais passer une idée
dans le cadre de la réalité.
C’est exactement ça. Il y a la magie aussi, pour moi chacun
a un talent, chacun est un peu magique. Certaines personnes savent le
cultiver : une espèce de raccourci « je veux le faire / je
peux le faire / je le fais », comme une évidence. Le Faiseur,
c’est un superbe résumé de la vie : on choisit d’être
un faiseur, on construit sa vie, ou on choisit d'être un défaiseur,
on détruit sa vie et celle des autres et on n’arrive nulle
part. J’ai choisis d’être du coté des Faiseurs.
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