TALISMAG. 3 janvier 2003

Sandrine Gestin : magicienne des gestes, elle crée des peintures splendides comme vous l’avez sans doute remarqué tout au long de Talismag. Il était une Fée, c’est elle ! car il s’agissait bien d’une fée. Personnalité complexe et attirante, elle évoque l’ombre et la lumière, un paradoxe en soit !

Pourquoi un autoportrait ? (ci-dessous)

 

 

Sann’vean a été initié par Terra Incognita, qui m’avait demandé de faire un toile personnelle. On a inversé le processus en fait car c’est un auteur qui allait s’inspirer de ma toile pour écrire une nouvelle. C’est Tanith Lee qui à écrit une histoire a partir de Sann’vean. C’est une très belle nouvelle d’ailleurs !

D’où viens ce nom ?

Il fallait quelque chose de personnel, j’ai situé le personnage dans un sous-bois parce que il n’y a que là que je suis bien. J’ai commencé à peindre puis j’ai fait une pause et mis de la musique et là, je me suis vue inondée de lumière dans cette même clairière, j’ai vu Sann’vean et j’ai su que c’était mon titre et la toile est née.

Qui es-tu ?

Je suis une personne très sensible, parfois fragile, certaines choses me touchent profondément et c’est parfois difficile à vivre parce que je n’ai pas envie de me mettre une carapace, je préfère avoir mal plutôt que passer à côté de plein de choses. Et j’ai un protecteur-chevalier près de moi qui me protège bien !

Pourquoi la Fantasy ?

Je suis Bretonne, j’ai toujours baigné la dedans. J’ai connu les contes, les jeux de rôle (Donjons et Dragons) ou les elfes et dragons étaient monnaie courante, cela s’est fait naturellement. Ce n’est pas réfléchi, c’est inné, ce n’est surtout pas un choix marketing. Je fais ce que j’ai envie de faire. Je pense que c’est lié à une nature profonde parce lorsque je me promène dans la forêt, j’ai des images d’elfes dans la tête, je retrouve ma famille en fait, voilà c’est ça ! Je retrouve les miens !

Pourquoi les femmes sourient peu dans tes toiles ?

J’ai choisi délibérément des choses basées sur la lumière. L’ombre qui permet de mettre la lumière en évidence. comme les rayons de lumière qui viennent de Galadriel. J’essaie vraiment de mettre un côté lumineux. Car je suis comme tout le monde, j’ai un côté sombre et je trouve trop facile (pour moi en tout cas) de reproduire ce côté obscur de ma personnalité. Et naturellement je tends vers la lumière mais j’ai souvent peur que l’on associe cela à quelque chose de niais et c’est sans doute pour cela que mes femmes ne sourient pas car j’ai envie qu’on les prenne au sérieux. Mes femmes en imposent, et elles ont les plus belles possibles.

Pourquoi principalement des femmes ?

Souvent on m’a jugée en fonction de mon apparence, une petite blonde qui ne doit rien avoir dans la tête et c’est vrai que j’ai tendance à vouloir prouver le contraire, c’est sans doute pour compenser que «mes femmes» sont si belles, sûres d’elles et érudites. Et j’ai envie qu’on me prenne au sérieux.

As-tu besoin d’être inspirée pour créer ?

Je peux peindre sur commande, cela ne me pose pas de problèmes, l’inspiration viens en peignant. Je peux peindre entre sept et huit heures pas jour. Inventer un tableau c’est peut-être plus propice dans l’après-midi. J’ai des rituels pour démarrer l’inspiration en fait, je mets ma tenue Spéciale, je suis dans une autre peau. Et j’aime tellement ça en fait que ça suffit largement.

Jeune femme attachante et terriblement sympathique, Sandrine est un Personnage talentueux et cependant accessible ! Merci à toi Sandrine d’avoir bien voulu répondre à nos questions.